Ptibou nous a laissé vivre notre semaine chargée et notre chouette réveillon… D’ailleurs ce réveillon, parlons-en !


Avant de partir chez nos amis, je stresse un peu, je ne sens plus bouger bébé depuis quelques heures et j’ai beaucoup de contractions. Rien de douloureux mais très fréquent. Yannick me sentant mal, nous passons à l’hôpital vérifier que bébé va bien. Il est en pleine forme et effectivement je contracte beaucoup, toutes les 7-8 minutes mais ce sont des contractions trop courtes, pas assez intenses et donc inefficaces.


Nous partons chez nos amis passer un chouette réveillon entourés de bambins. Les contractions continuent et je commence à en sentir certaines de manière plus forte.
Après les 12 coups de minuit et les échanges de bisous, nous rentrons chez nous et je plonge dans un bain pour arrêter ce que je pense être encore un « faux » travail. Nuit fatigante, les contractions se succèdent, sans grande douleur, mais difficile de dormir. Je me lève un moment pour faire un peu de 4 pattes et aider bébé à se placer comme il faut pour la descente.


Au matin, rebelote un bain, ça se calme un peu… pour mieux reprendre sur le temps de midi.
Je suis fatiguée et même si je vis normalement, certaines contractions me demandent de m’arrêter un peu.
J’ai du mal à croire à un faux travail et si c’est le cas, il va falloir calmer ça car je ne vais pas tenir plusieurs jours comme ça sous peine d’arriver crevée à la mater.
J’appelle pour prendre conseil. La sage-femme me dit de voir ce que ça donne dans les deux heures qui suivent et si ça continue, de venir pour voir si ça avance ou pas.
On prévient maman de venir pour s’occuper de Manon.


Je me couche un peu, je note mes contractions. Toutes les 7-8 minutes et ça continuent à être un peu plus fort.
Yannick nous prépare un bon repas. Je dois une ou deux fois m’arrêter de manger pour gérer l’une ou l’autre contraction.
Il est 16h. Maman et Hélène arrive et nous partons pour l’hôpital. Allons-nous faire un aller-retour ou bien c’est le jour J ??


Nous voilà en salle de naissance et c’est parti pour un petit examen : « votre col est fort postérieur, ça n’est pas pour tout de suite, quoique, attendez, oh, vous êtes à 3-4 doigts »… Et bien voilà, ce n’était pas du faux travail, des douleurs inutiles. Je suis rassurée et en même temps, ça y est, c’est le moment… sommes-nous prêts ?


Il est 16h30. Nous faisons part de nos souhaits d’avoir un accouchement le plus naturel possible, que je puise bouger au maximum et prendre un bain. J’ai un monito qui nous dit que bébé va bien, que les contractions sont bien présentes. Je n’en doutais pas.
Une perfusion pour les antibio car je suis strepto-positive. Je suis contente car ils acceptent de ne pas me laisser constamment sous perf mais bien de mettre un bouchon entre les moments de prise d’antibio.
Nous nous mettons doucement dans l’ambiance de l’accouchement et de la venue de notre Ptibou grâce à la musique que nous avons apportée… « You raise me up …… To more than I can be… » Petit moment d’émotion partagé, le moment attendu de la rencontre arrive.
Avec tout ça, le temps passe, il est 18h et je suis à 6-7 cm. Je refuse qu’on perce déjà la poche des eaux car le travail avance bien.
Me voilà en train de bouger, ballon, marche, position chien pour favoriser la descente de ptibou. J’ai des contractions toutes les 2-3-4 minutes que je gère bien. Petite pause respiration, haptonomie et entre les coups, lectures, rires, marche, musique…


Je suis très contente de la manière dont nous gérons avec Yannick Je me sens bien même si ça commence à faire mal. Je me sens pleinement active de ce qui se passe.
Et puis, je demande le bain. Je me réjouis de me plonger dans l’eau, délicieux souvenir d’un moment partagé pendant l’accouchement pour Manon.
Mais les choses ne se passent pas comme je l’aurais souhaité… mon bain de douceur devient un vrai bain de douleur.
La sage-femme a vérifié l’état de mon col avant le bain, je suis à 8 bons doigts et elle décide de me percer la poche des eaux. Je sais en théorie que ça va faire rapidement plus mal mais pas à ce point.


Il est 19h, je me traine jusqu’au bain entre deux contractions déjà un peu plus douloureuses et dans le bain, ça s’enchaine… à peine le temps de respirer que voilà la suivante, plus forte, plus longue, plus violente. +Yannick m’aide beaucoup et me propose d’appeler la sage-femme car il voit bien que ça ne va pas. Il a bien raison quand elle arrive, une nouvelle contraction me cloue sur place et voilà sans que je m’y attende un irrésistible besoin de pousser.
Pas maintenant, pas dans le bain, pas si vite…. Mais si, la sage-femme m’examine vite et bébé est là.


Vite me sortir et regagner la salle d’accouchement et là, je n’attends personne, je me mets sur la table, pas le temps de m’installer avec les étriers et tout le touintouin, je dois pousser… « Ca » pousse tout seul… Je broie l’épaule et la main de Yannick et puis d’une sage-femme. Je sens que je m’ouvre et laisse passer bébé mais j’ai tellement l’impression de mal gérer, d’être dépassée. La douleur me submerge et je dois me laisser épouser par elle, pour avec elle aider mon bébé à sortir…


Ca y est… ptibou, tu es là. J’ai la joie de te sortir de moi et de te déposer sur mon sein. C’est fini ou plutôt, tout commence !


''Soudain, ce fut la rencontre. Rien de ce que nous avions construit dans nos rêves N’a égalé cet instant unique Où le bonheur a épousé la douleur, Où ta peau a touché la nôtre. En une seconde, tu as fait tout basculer. ''


Petit bout de nous, déjà pleinement toi, petite Elizabeth, si menue, si confiante… bienvenue dans nos vies, dans notre monde. Que ta route soit belle !


(lien vers le récit de Yannick)